Enfants en difficulté : l’école traditionnelle remise en question

 

Aujourd’hui, les difficultés scolaires sont un enjeu majeur pour l’éducation des enfants dans le monde entier. Elles peuvent souvent être source d’angoisse, de fatigue et de souffrance psychologique chez les enfants concernés. Si vos enfants sont dans ce cas de figure, sachez cependant que vous n’êtes pas seuls : les enfants en difficulté, et même à risque de décrochage scolaire, sont encore nombreux en France et dans le monde. C’est le signe d’un besoin de changements dans nos modes de pédagogie et d’éducation, qui commencent, et doivent continuer, à être plus inclusifs et moins limitants pour les élèves.

Enfants en difficulté : un combat au quotidien

Aujourd’hui, encore trop d’enfants sont à risque de décrochage. Chaque année, 80 000 élèves quittent le système scolaire sans diplôme en France. Ce chiffre est certes plus bas qu’en 2016, quand près de 100 000 enfants étaient en décrochage scolaire. Ainsi, des efforts ont été faits et nous en voyons des effets positifs. Cependant, il reste encore du travail à faire pour que les jeunes du monde entier puissent s’épanouir et ne plus vivre dans la peur de l’échec scolaire.

De plus, les enfants avec des troubles de comportement et des difficultés d’apprentissage représentent un tiers des élèves à risque de décrochage scolaire en France. Ils ont souvent du mal à lire avec autant de facilité que leurs camarades, ou ne se sentent pas aussi à l’aise dans les matières principales. Ce chiffre est de 40% pour les enfants avec des facilités dans ces matières, et qui s’ennuient donc en classe. Comme l’école et la pédagogie traditionnelle ne sont pas adaptées aux modes d’apprentissage de ces enfants, ils sont bien plus susceptibles d’avoir des difficultés à l’école ou d’être en risque de décrochage.

Les enfants en difficulté souffrent en général beaucoup de celles-ci. Celles-ci ne viennent pas d’un manque de volonté, surtout quand l’enfant souffre de troubles cognitifs spécifiques (troubles Dys, TDAH, etc). Il importe donc de trouver un mode de pédagogie adapté à tous les enfants, plutôt que de demander à ceux avec le plus de difficultés, ou de facilités, de suivre un apprentissage qui ne leur correspond pas.

Comment aider les enfants en difficulté ?

Vivre avec un enfant en difficulté

S’informer

La première étape est de s’informer, afin de mieux comprendre l’origine des difficultés. Ce n’est pas forcément un trouble de l’apprentissage, mais cela peut être un premier indice significatif. Si vous soupçonnez un trouble Dys ou un trouble de l’attention, prenez rendez-vous avec votre médecin généraliste. Celui-ci pourra, dans un deuxième temps, vous réorienter vers un spécialiste.

Être à l’écoute

Ensuite, il est très important d’être à l’écoute des enfants en difficulté. Si votre enfant a du mal à l’école, il a sans doute du mal à avoir confiance en lui. Il se sent peut-être “nul”, ou il a envie d’abandonner. Dans ce cas, à la maison, il est important de ne pas le faire culpabiliser plus qu’il ne le fait déjà, mais plutôt de lui faire remarquer ses réussites ou ses efforts. Encourager son enfant à s’épanouir dans des activités qui lui plaisent réellement est un moyen important pour l’enfant de reprendre confiance et de se développer. 

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En parallèle, il est toujours très utile de collaborer avec les enseignants et l’équipe éducative qui entoure votre enfant. C’est ensemble que vous pourrez trouver les meilleures solutions qui s’adapteront au mieux à votre enfant. Les professeurs pourront vous donner plus de précisions sur ce qu’ils ont observé en classe, et des aménagements peuvent être mis en place. L’école pourra aussi éventuellement vous aider à accéder à des professionnels de la santé pour évaluer les difficultés de l’enfant et leurs causes.

Les dispositifs prévus par l’éducation nationale

L’éducation nationale propose des dispositifs pour les enfants en difficulté à l’école, en primaire ou dans le secondaire. En particulier, le Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP), qui est un dispositif d’aide aux élèves avec des troubles de l’apprentissage, permet de faire des aménagements et des adaptations sur le long terme, pour mieux accompagner ses enfants. 

Il existe de nombreux autres dispositifs, en primaire comme au secondaire, souvent à plus court terme. Par exemple, les “stages de réussite”, stages de remise à niveau donnés sur 15 heures pendant les vacances scolaires, cherchent à faire en sorte que les élèves reprennent confiance en eux et puissent rattraper leur retard.

Seulement, ces mesures sont souvent insuffisantes pour accompagner les enfants en difficulté autant qu’ils en auraient besoin. Les mesures prises par ces dispositifs sont généralement de trop petite échelle, alors que des changements à plus grande échelle ont besoin d’être entrepris. Il faudrait en réalité davantage réformer le système éducatif dans sa globalité, pour que les élèves les moins à l’aise puissent autant s’épanouir que les autres.

L’école alternative : la réponse pour les enfants en difficulté ?

Avantages et inconvénients

Depuis quelques années, de plus en plus d'écoles alternatives apparaissent. Elles se fondent sur des modes de pédagogie qui diffèrent de la pédagogie traditionnelle, et ayant pour vocation d’aider les enfants en difficulté ou en risque de décrochage scolaire. Elles mettent l’enfant et sa personnalité au centre de la pédagogie, pour lui redonner confiance en lui-même et avancer. En voici quelques types :

  • École Montessori : les 5 sens sont utilisés pour apprendre les différentes facultés essentielles (lettres rugueuses pour apprendre à lire, cubes pour les mathématiques, etc).
  • École Steiner : les émotions de l’enfant sont prises en compte. Les émotions positives (confiance, enthousiasme) sont valorisées plutôt que négatives (rivalité, crainte). Les matières sont très diverses, et moins hiérarchisées que dans l’école classique (on y apprend beaucoup plus l’art, le sport, etc)
  • École démocratique : l’enfant y est plus libre, participe activement à son parcours scolaire, décide de ses activités, de son rythme et de ses objectifs.

Toutes ces écoles et pédagogies ont leurs mérites. Seulement, il est souvent difficile de passer de revenir à une école traditionnelle après avoir passé plusieurs années en école alternative. De plus, ces écoles sont souvent difficiles d’accès, avec des frais de scolarité de plusieurs milliers d’euros. Elles sont donc beaucoup accusées d’être sectaires et inaccessibles au plus grand nombre.

En réalité, l’école publique et la pédagogie classique posent la norme nationale. Pour que l’école alternative soit réellement efficace, elle devrait devenir la norme. Ainsi, pour bien accompagner tous les enfants sur le long terme, quels que soient leurs profils, c’est une évolution globale des méthodes pédagogiques dont on a besoin.

Vers une nouvelle pédagogie généralisée

Depuis plusieurs années, la pédagogie dans l’école publique a significativement changé. Il y a de moins en moins de cours magistraux, où les enfants doivent simplement écouter et recueillir le savoir donné par le professeur, sans explications approfondies. Aujourd’hui, l’élève est censé participer, poser des questions, et il est bien plus écouté qu’il y a quelques années. Mais selon certains experts, ce n’est pas seulement le mode d’éducation qui doit changer, mais son objet aussi.

Sir Ken Robinson, expert britannique en éducation, parle du besoin d’une “révolution éducative” généralisée. Selon lui, il est absurde qu’il y ait une hiérarchie des matières et des savoirs aussi profondément ancrée et arbitraire (les sciences seraient plus importantes que les lettres, les lettres plus que l’art et le sport, etc). Cette conception de l’éducation ignore les multiples facettes de ce qui compose l’intelligence humaine, et limite souvent la créativité des élèves.

Il y a aujourd’hui une prise de conscience des lacunes du système éducatif et des méthodes pédagogiques occidentales. Nous voyons aujourd’hui que vouloir uniformiser l’éducation de chaque enfant est contre-productif. C’est le cas aux Etats-Unis notamment : les réformes de l’éducation pour uniformiser l’éducation de toute la population (No Child Left Behind, examens et tests uniformisés, etc) ont tendance à creuser l’écart entre les enfants en difficulté et le reste de la population.

 

La révolution de l’éducation, d’un système très traditionnel à un système plus moderne qui prend en compte les différences des enfants, est en cours depuis plusieurs années. Elle doit encore continuer pour permettre à tous nos enfants d'avoir les mêmes opportunités et de révéler tout leur potentiel.

Enfants en difficulté : l’école traditionnelle remise en question

Enfants en difficulté : l’école traditionnelle remise en question

 

Aujourd’hui, les difficultés scolaires sont un enjeu majeur pour l’éducation des enfants dans le monde entier. Elles peuvent souvent être source d’angoisse, de fatigue et de souffrance psychologique chez les enfants concernés. Si vos enfants sont dans ce cas de figure, sachez cependant que vous n’êtes pas seuls : les enfants en difficulté, et même à risque de décrochage scolaire, sont encore nombreux en France et dans le monde. C’est le signe d’un besoin de changements dans nos modes de pédagogie et d’éducation, qui commencent, et doivent continuer, à être plus inclusifs et moins limitants pour les élèves.

Enfants en difficulté : un combat au quotidien

Aujourd’hui, encore trop d’enfants sont à risque de décrochage. Chaque année, 80 000 élèves quittent le système scolaire sans diplôme en France. Ce chiffre est certes plus bas qu’en 2016, quand près de 100 000 enfants étaient en décrochage scolaire. Ainsi, des efforts ont été faits et nous en voyons des effets positifs. Cependant, il reste encore du travail à faire pour que les jeunes du monde entier puissent s’épanouir et ne plus vivre dans la peur de l’échec scolaire.

De plus, les enfants avec des troubles de comportement et des difficultés d’apprentissage représentent un tiers des élèves à risque de décrochage scolaire en France. Ils ont souvent du mal à lire avec autant de facilité que leurs camarades, ou ne se sentent pas aussi à l’aise dans les matières principales. Ce chiffre est de 40% pour les enfants avec des facilités dans ces matières, et qui s’ennuient donc en classe. Comme l’école et la pédagogie traditionnelle ne sont pas adaptées aux modes d’apprentissage de ces enfants, ils sont bien plus susceptibles d’avoir des difficultés à l’école ou d’être en risque de décrochage.

Les enfants en difficulté souffrent en général beaucoup de celles-ci. Celles-ci ne viennent pas d’un manque de volonté, surtout quand l’enfant souffre de troubles cognitifs spécifiques (troubles Dys, TDAH, etc). Il importe donc de trouver un mode de pédagogie adapté à tous les enfants, plutôt que de demander à ceux avec le plus de difficultés, ou de facilités, de suivre un apprentissage qui ne leur correspond pas.

Comment aider les enfants en difficulté ?

Vivre avec un enfant en difficulté

S’informer

La première étape est de s’informer, afin de mieux comprendre l’origine des difficultés. Ce n’est pas forcément un trouble de l’apprentissage, mais cela peut être un premier indice significatif. Si vous soupçonnez un trouble Dys ou un trouble de l’attention, prenez rendez-vous avec votre médecin généraliste. Celui-ci pourra, dans un deuxième temps, vous réorienter vers un spécialiste.

Être à l’écoute

Ensuite, il est très important d’être à l’écoute des enfants en difficulté. Si votre enfant a du mal à l’école, il a sans doute du mal à avoir confiance en lui. Il se sent peut-être “nul”, ou il a envie d’abandonner. Dans ce cas, à la maison, il est important de ne pas le faire culpabiliser plus qu’il ne le fait déjà, mais plutôt de lui faire remarquer ses réussites ou ses efforts. Encourager son enfant à s’épanouir dans des activités qui lui plaisent réellement est un moyen important pour l’enfant de reprendre confiance et de se développer. 

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En parallèle, il est toujours très utile de collaborer avec les enseignants et l’équipe éducative qui entoure votre enfant. C’est ensemble que vous pourrez trouver les meilleures solutions qui s’adapteront au mieux à votre enfant. Les professeurs pourront vous donner plus de précisions sur ce qu’ils ont observé en classe, et des aménagements peuvent être mis en place. L’école pourra aussi éventuellement vous aider à accéder à des professionnels de la santé pour évaluer les difficultés de l’enfant et leurs causes.

Les dispositifs prévus par l’éducation nationale

L’éducation nationale propose des dispositifs pour les enfants en difficulté à l’école, en primaire ou dans le secondaire. En particulier, le Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP), qui est un dispositif d’aide aux élèves avec des troubles de l’apprentissage, permet de faire des aménagements et des adaptations sur le long terme, pour mieux accompagner ses enfants. 

Il existe de nombreux autres dispositifs, en primaire comme au secondaire, souvent à plus court terme. Par exemple, les “stages de réussite”, stages de remise à niveau donnés sur 15 heures pendant les vacances scolaires, cherchent à faire en sorte que les élèves reprennent confiance en eux et puissent rattraper leur retard.

Seulement, ces mesures sont souvent insuffisantes pour accompagner les enfants en difficulté autant qu’ils en auraient besoin. Les mesures prises par ces dispositifs sont généralement de trop petite échelle, alors que des changements à plus grande échelle ont besoin d’être entrepris. Il faudrait en réalité davantage réformer le système éducatif dans sa globalité, pour que les élèves les moins à l’aise puissent autant s’épanouir que les autres.

L’école alternative : la réponse pour les enfants en difficulté ?

Avantages et inconvénients

Depuis quelques années, de plus en plus d'écoles alternatives apparaissent. Elles se fondent sur des modes de pédagogie qui diffèrent de la pédagogie traditionnelle, et ayant pour vocation d’aider les enfants en difficulté ou en risque de décrochage scolaire. Elles mettent l’enfant et sa personnalité au centre de la pédagogie, pour lui redonner confiance en lui-même et avancer. En voici quelques types :

  • École Montessori : les 5 sens sont utilisés pour apprendre les différentes facultés essentielles (lettres rugueuses pour apprendre à lire, cubes pour les mathématiques, etc).
  • École Steiner : les émotions de l’enfant sont prises en compte. Les émotions positives (confiance, enthousiasme) sont valorisées plutôt que négatives (rivalité, crainte). Les matières sont très diverses, et moins hiérarchisées que dans l’école classique (on y apprend beaucoup plus l’art, le sport, etc)
  • École démocratique : l’enfant y est plus libre, participe activement à son parcours scolaire, décide de ses activités, de son rythme et de ses objectifs.

Toutes ces écoles et pédagogies ont leurs mérites. Seulement, il est souvent difficile de passer de revenir à une école traditionnelle après avoir passé plusieurs années en école alternative. De plus, ces écoles sont souvent difficiles d’accès, avec des frais de scolarité de plusieurs milliers d’euros. Elles sont donc beaucoup accusées d’être sectaires et inaccessibles au plus grand nombre.

En réalité, l’école publique et la pédagogie classique posent la norme nationale. Pour que l’école alternative soit réellement efficace, elle devrait devenir la norme. Ainsi, pour bien accompagner tous les enfants sur le long terme, quels que soient leurs profils, c’est une évolution globale des méthodes pédagogiques dont on a besoin.

Vers une nouvelle pédagogie généralisée

Depuis plusieurs années, la pédagogie dans l’école publique a significativement changé. Il y a de moins en moins de cours magistraux, où les enfants doivent simplement écouter et recueillir le savoir donné par le professeur, sans explications approfondies. Aujourd’hui, l’élève est censé participer, poser des questions, et il est bien plus écouté qu’il y a quelques années. Mais selon certains experts, ce n’est pas seulement le mode d’éducation qui doit changer, mais son objet aussi.

Sir Ken Robinson, expert britannique en éducation, parle du besoin d’une “révolution éducative” généralisée. Selon lui, il est absurde qu’il y ait une hiérarchie des matières et des savoirs aussi profondément ancrée et arbitraire (les sciences seraient plus importantes que les lettres, les lettres plus que l’art et le sport, etc). Cette conception de l’éducation ignore les multiples facettes de ce qui compose l’intelligence humaine, et limite souvent la créativité des élèves.

Il y a aujourd’hui une prise de conscience des lacunes du système éducatif et des méthodes pédagogiques occidentales. Nous voyons aujourd’hui que vouloir uniformiser l’éducation de chaque enfant est contre-productif. C’est le cas aux Etats-Unis notamment : les réformes de l’éducation pour uniformiser l’éducation de toute la population (No Child Left Behind, examens et tests uniformisés, etc) ont tendance à creuser l’écart entre les enfants en difficulté et le reste de la population.

 

La révolution de l’éducation, d’un système très traditionnel à un système plus moderne qui prend en compte les différences des enfants, est en cours depuis plusieurs années. Elle doit encore continuer pour permettre à tous nos enfants d'avoir les mêmes opportunités et de révéler tout leur potentiel.


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