Vivre avec un handicap non visible

Le handicap est souvent perçu comme quelque chose de très visible. La personne en situation de handicap serait reconnaissable, souvent en fauteuil roulant ou avec du matériel médical. Cependant, la réalité est plus complexe, et la grande majorité des handicaps sont invisibles. Ce manque d’information et de sensibilisation sur cette forme de handicap est souvent une nouvelle source de difficultés pour ces personnes.

Qu’est-ce qu’un handicap non visible ?

Handicap non visible : définition

Le handicap non visible, ou handicap invisible, désigne un type de handicap qui n’est pas apparent. Il n’est souvent décelé que si la personne concernée en parle.

La conception du handicap est souvent faussée : on imagine le handicap comme étant quelque chose de très visible et reconnaissable. En réalité, moins de 2% des personnes handicapées sont en fauteuil roulant, et 80% des handicaps sont invisibles. Cependant, les handicaps non visibles sont souvent considérés comme “non réels”, et comme devant bénéficier de moins d’aménagements que les handicaps visibles.

Les différentes formes de handicap non visible

Il existe un grand nombre de handicaps invisibles très divers dans leur forme et leur sévérité. Pour simplifier, on peut les mettre dans trois catégories :

  • Les troubles psychiques ou cognitifs : ceci inclut les TDAH, le syndrome d'Asperger, ou encore les troubles Dys (dyspraxie, dyslexie, dyscalculie, etc.), ainsi que les troubles dus à des accidents (traumatismes crâniens, AVC, etc.).

  • Les troubles physiques non visibles : la surdité, la malvoyance, les problèmes de motricité, qui ne nécessitent pas de matériel médical, peuvent tous entrer dans cette catégorie.
  • Les troubles liés à certaines maladies et douleurs chroniques : sclérose en plaques, diabète, épilepsie, et certaines phases de maladies (cancer, sida, etc.)


Le handicap non visible dans la société : entre stigmatisation et incompréhension

Le manque d’aménagements

La sensibilisation étant insuffisante sur la question du handicap non visible, il est encore mal compris aujourd’hui. Il est souvent considéré comme quelque chose qui dépendrait de notre volonté. Parfois, même certains membres de la famille ne comprennent pas les difficultés auxquelles est confrontée une personne en situation de handicap. Mais c’est précisément ces comportements et cette ignorance qui créent les obstacles que rencontrent ces personnes. Se mettre à la place de la personne en face de soi et l’encourager, plutôt que de mettre en avant ses faiblesses, sont des moyens simples pour améliorer la vie de ceux qui vivent avec un handicap non visible. La sensibilisation des professeurs sur la question du handicap non visible est également essentielle. En effet, si un professeur ne peut pas reconnaître un trouble ou le considère comme inexistant, il ne pourra pas faire les premiers pas pour venir en aide à un élève en difficulté.

Le handicap n’est pas un gros mot. Le handicap n’est pas un état en soi. Il ne peut qu’exister dans un certain contexte, une certaine forme de société. En effet, notre société et son organisation s’adaptent trop peu aux particularités physiques ou cognitives des personnes en situation de handicap. Le handicap non visible existe seulement dans une société qui ne s’adapte pas aux besoins et aux capacités de tous ses membres. C’est pourquoi il est extrêmement important de sensibiliser et d’informer le plus grand nombre, pour que la situation puisse évoluer, et pour que le potentiel de tous puisse être révélé.

Le validisme

Le validisme, ou capacitisme, est une forme de discrimination envers les personnes en situation de handicap. Il consiste à penser que ces personnes doivent s’adapter aux normes de la société, et qu’elles devraient faire plus d’efforts pour être “normales”. Le validisme est une attitude qui est d’autant plus commune vis-à-vis du handicap non visible. En effet, beaucoup considèrent que si on ne le voit pas, alors le handicap ne doit pas être réel. La personne handicapée n’aurait juste pas la volonté, ou ne ferait pas l’effort de s’adapter aux normes de la société.

Ce type de comportement est le plus souvent issu d’une incompréhension du handicap et d’un manque de sensibilisation sur ce sujet. Les comportements validistes sont réellement discriminatoires, et ne font qu’empirer la situation des personnes en difficulté, qui peuvent avoir l’impression que c’est de leur faute. Le validisme part du principe que c’est aux personnes en situation de handicap non visible  de s’adapter à la société, alors que c’est l’inverse qui est vrai.

Le handicap non visible : des mentalités qui changent progressivement

Une situation qui commence à évoluer

Depuis plusieurs années, la situation s’améliore tout de même en France. La loi française de 2005 “pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées” a représenté un pas important dans ce combat. Elle a permis la création de la MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées) chargée de l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Les entreprises sont encouragées à recruter plus de personnes en difficulté et des aménagements sont prévus pour permettre l’accessibilité à tous les espaces publics. 

Le résultat a été une meilleure inclusion, notamment dans le monde du travail et de l’éducation, même si les améliorations n’ont pas été aussi importantes que prévu. Dans le secteur public, dix ans après la loi de 2005, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap progresse à 4,9%, tout en restant bien en dessous de l’objectif de 6%. Dans le privé, ce chiffre descend à 3%. La MDPH  a permis de mieux accompagner les personnes en situation de handicap, mais le grand nombre de demandes l’empêche d’être aussi efficace que prévu.

En parallèle, de plus en plus de mouvements et associations ont pour mission de sensibiliser et se battre pour les droits des personnes en situation de handicap non visible. C’est le cas par exemple de APF France handicap ou aisahi qui militent pour la reconnaissance de tous les handicaps invisibles.

Zoom sur les troubles Dys : faut-il parler de handicap ?

Les troubles Dys regroupent tous les troubles cognitifs spécifiques (dyspraxie, dyslexie, dysphasie, TDAH, etc.), et sont une forme de handicap non visible très commune, affectant 10% de la population mondiale, soit 2 à 3 enfants par classe . Les personnes Dys ont alors souvent des manières de penser et de réfléchir différentes, souvent parce que leurs difficultés les ont poussés à s’adapter. Celles-ci incluent une importante créativité, des capacités de visualisation au-delà de la moyenne, de la persévérance et des facultés de communication orale très développées. Ce sont des forces très importantes pour notre société et dans le monde du travail. Dans la vie d’entreprise notamment, les manières atypiques de réfléchir sont un atout extrêmement précieux.

De nombreuses personnes, notamment avec des troubles Dys, rejettent le terme “handicap”. Les troubles Dys et les manières atypiques de réfléchir sont placées sous la bannière de la neurodiversité, encourageant une manière beaucoup plus positive de les considérer.

Peu importe les termes utilisés, les handicaps non visibles sont bel et bien réels et représentent un enjeu majeur dans les questions d’inclusion dans notre société. Cette inclusion passe avant tout, par sensibiliser et informer les personnes qui ne sont pas concernées par ces troubles. De nombreux progrès ont été réalisés ces dernières années, mais de nombreuses personnes restent à être informées sur ces sujets.

Vivre avec un handicap non visible

Vivre avec un handicap non visible

Le handicap est souvent perçu comme quelque chose de très visible. La personne en situation de handicap serait reconnaissable, souvent en fauteuil roulant ou avec du matériel médical. Cependant, la réalité est plus complexe, et la grande majorité des handicaps sont invisibles. Ce manque d’information et de sensibilisation sur cette forme de handicap est souvent une nouvelle source de difficultés pour ces personnes.

Qu’est-ce qu’un handicap non visible ?

Handicap non visible : définition

Le handicap non visible, ou handicap invisible, désigne un type de handicap qui n’est pas apparent. Il n’est souvent décelé que si la personne concernée en parle.

La conception du handicap est souvent faussée : on imagine le handicap comme étant quelque chose de très visible et reconnaissable. En réalité, moins de 2% des personnes handicapées sont en fauteuil roulant, et 80% des handicaps sont invisibles. Cependant, les handicaps non visibles sont souvent considérés comme “non réels”, et comme devant bénéficier de moins d’aménagements que les handicaps visibles.

Les différentes formes de handicap non visible

Il existe un grand nombre de handicaps invisibles très divers dans leur forme et leur sévérité. Pour simplifier, on peut les mettre dans trois catégories :

  • Les troubles psychiques ou cognitifs : ceci inclut les TDAH, le syndrome d'Asperger, ou encore les troubles Dys (dyspraxie, dyslexie, dyscalculie, etc.), ainsi que les troubles dus à des accidents (traumatismes crâniens, AVC, etc.).

  • Les troubles physiques non visibles : la surdité, la malvoyance, les problèmes de motricité, qui ne nécessitent pas de matériel médical, peuvent tous entrer dans cette catégorie.
  • Les troubles liés à certaines maladies et douleurs chroniques : sclérose en plaques, diabète, épilepsie, et certaines phases de maladies (cancer, sida, etc.)


Le handicap non visible dans la société : entre stigmatisation et incompréhension

Le manque d’aménagements

La sensibilisation étant insuffisante sur la question du handicap non visible, il est encore mal compris aujourd’hui. Il est souvent considéré comme quelque chose qui dépendrait de notre volonté. Parfois, même certains membres de la famille ne comprennent pas les difficultés auxquelles est confrontée une personne en situation de handicap. Mais c’est précisément ces comportements et cette ignorance qui créent les obstacles que rencontrent ces personnes. Se mettre à la place de la personne en face de soi et l’encourager, plutôt que de mettre en avant ses faiblesses, sont des moyens simples pour améliorer la vie de ceux qui vivent avec un handicap non visible. La sensibilisation des professeurs sur la question du handicap non visible est également essentielle. En effet, si un professeur ne peut pas reconnaître un trouble ou le considère comme inexistant, il ne pourra pas faire les premiers pas pour venir en aide à un élève en difficulté.

Le handicap n’est pas un gros mot. Le handicap n’est pas un état en soi. Il ne peut qu’exister dans un certain contexte, une certaine forme de société. En effet, notre société et son organisation s’adaptent trop peu aux particularités physiques ou cognitives des personnes en situation de handicap. Le handicap non visible existe seulement dans une société qui ne s’adapte pas aux besoins et aux capacités de tous ses membres. C’est pourquoi il est extrêmement important de sensibiliser et d’informer le plus grand nombre, pour que la situation puisse évoluer, et pour que le potentiel de tous puisse être révélé.

Le validisme

Le validisme, ou capacitisme, est une forme de discrimination envers les personnes en situation de handicap. Il consiste à penser que ces personnes doivent s’adapter aux normes de la société, et qu’elles devraient faire plus d’efforts pour être “normales”. Le validisme est une attitude qui est d’autant plus commune vis-à-vis du handicap non visible. En effet, beaucoup considèrent que si on ne le voit pas, alors le handicap ne doit pas être réel. La personne handicapée n’aurait juste pas la volonté, ou ne ferait pas l’effort de s’adapter aux normes de la société.

Ce type de comportement est le plus souvent issu d’une incompréhension du handicap et d’un manque de sensibilisation sur ce sujet. Les comportements validistes sont réellement discriminatoires, et ne font qu’empirer la situation des personnes en difficulté, qui peuvent avoir l’impression que c’est de leur faute. Le validisme part du principe que c’est aux personnes en situation de handicap non visible  de s’adapter à la société, alors que c’est l’inverse qui est vrai.

Le handicap non visible : des mentalités qui changent progressivement

Une situation qui commence à évoluer

Depuis plusieurs années, la situation s’améliore tout de même en France. La loi française de 2005 “pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées” a représenté un pas important dans ce combat. Elle a permis la création de la MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées) chargée de l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Les entreprises sont encouragées à recruter plus de personnes en difficulté et des aménagements sont prévus pour permettre l’accessibilité à tous les espaces publics. 

Le résultat a été une meilleure inclusion, notamment dans le monde du travail et de l’éducation, même si les améliorations n’ont pas été aussi importantes que prévu. Dans le secteur public, dix ans après la loi de 2005, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap progresse à 4,9%, tout en restant bien en dessous de l’objectif de 6%. Dans le privé, ce chiffre descend à 3%. La MDPH  a permis de mieux accompagner les personnes en situation de handicap, mais le grand nombre de demandes l’empêche d’être aussi efficace que prévu.

En parallèle, de plus en plus de mouvements et associations ont pour mission de sensibiliser et se battre pour les droits des personnes en situation de handicap non visible. C’est le cas par exemple de APF France handicap ou aisahi qui militent pour la reconnaissance de tous les handicaps invisibles.

Zoom sur les troubles Dys : faut-il parler de handicap ?

Les troubles Dys regroupent tous les troubles cognitifs spécifiques (dyspraxie, dyslexie, dysphasie, TDAH, etc.), et sont une forme de handicap non visible très commune, affectant 10% de la population mondiale, soit 2 à 3 enfants par classe . Les personnes Dys ont alors souvent des manières de penser et de réfléchir différentes, souvent parce que leurs difficultés les ont poussés à s’adapter. Celles-ci incluent une importante créativité, des capacités de visualisation au-delà de la moyenne, de la persévérance et des facultés de communication orale très développées. Ce sont des forces très importantes pour notre société et dans le monde du travail. Dans la vie d’entreprise notamment, les manières atypiques de réfléchir sont un atout extrêmement précieux.

De nombreuses personnes, notamment avec des troubles Dys, rejettent le terme “handicap”. Les troubles Dys et les manières atypiques de réfléchir sont placées sous la bannière de la neurodiversité, encourageant une manière beaucoup plus positive de les considérer.

Peu importe les termes utilisés, les handicaps non visibles sont bel et bien réels et représentent un enjeu majeur dans les questions d’inclusion dans notre société. Cette inclusion passe avant tout, par sensibiliser et informer les personnes qui ne sont pas concernées par ces troubles. De nombreux progrès ont été réalisés ces dernières années, mais de nombreuses personnes restent à être informées sur ces sujets.


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